Les attentes, poison des relations… Identifier et exprimer ses besoins !

Du conte de fées…

Vous connaissez sans doute le jeu de la marguerite qui consiste à enlever pétale après pétale (pauvre fleur…) : il (ou elle !) m’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… Et vous connaissez sans doute aussi la suite, un merveilleux début de relation, une romance sans pareil : « ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »… Et généralement, dans les contes de fées, l’histoire s’arrête là.

Mais dans la vraie vie alors ?

Au quotidien : la naissance des attentes et du cycle dépendance, frustration…

L’histoire continue, le quotidien et la routine font leur oeuvre et la vie à deux commence… Et viennent les quasi inévitables, « et si seulement il… », « j’aimerais tellement qu’elle… », qui peuvent être complétés à l’infini : qu’il ou elle m’écoute, m’accorde plus d’attention, m’assiste dans les tâches ménagères, vienne se promener avec moi, s’occupe des devoirs des enfants, cherche un travail stable…
Débute alors le cycle de l’attente, où nous guettons les réactions (ou non réactions) de l’autre. A chaque « rendez-vous manqué » – « il n’a encore pas descendu les poubelles », « elle ne s’intéresse pas à ma passion pour le vélo », « je m’étais bien habillée, il ne m’a pas regardée, ni dit que j’étais jolie » – la frustration augmente, et en même temps le risque de développer de la rancoeur envers cet autre dont on semble dépendre et qui ne nous donne pas ce dont nous avons besoin.
Là est la clé : le besoin. Car c’est de là que part tout ce cycle : besoin, attente, dépendance, frustration, agressivité…
L’attitude d’attente est malsaine car elle nous place dans un état de dépendance par rapport à l’autre, ce qui est nécessairement frustrant, car rarement satisfait. Et finalement, peu importe la qualité de ce que l’autre est prêt à nous donner, si nous ne reconnaissons pas d’abord le besoin comme notre et légitime, la réponse ne sera jamais la bonne, donc toujours insatisfaisante.

Pour en sortir : identifier et exprimer ses besoins

  • Nous avons tous des besoins différents
    C’est ici que les ennuis commencent, car même si vous avez la chance de vivre avec un partenaire attentionné, bienveillant et aimant, il n’est pas à votre place. C’est une personne séparée, avec sa nature, son éducation, son histoire et… ses besoins. Comme nous avons tous des besoins différents, personne ne peut connaître les vôtres si vous ne les exprimez pas.
    Votre conjoint peut par exemple avoir un fort besoin de liberté et d’indépendance alors que vous avez besoin d’attention, de reconnaissance et d’affection. Comprendre que nous avons tous des besoins différents aide aussi à comprendre que si l’autre ne répond pas à nos attentes, ce n’est généralement pas pour nous blesser mais souvent tout simplement parce que n’ayant pas lui même ce besoin il n’y pense même pas ! Inutile de l’agresser.
  • Identifier ses besoins, sans les juger
    Il ne s’agit pas de juger vos besoins : ils sont ce qu’ils sont. Dès lors que vous évoquez votre ressenti, rien n’est « vrai » ou « faux », « bien » ou « mal ». C’est, tout simplement, et il faut faire avec, du mieux possible !
    Une première étape consiste donc à faire l’inventaire de vos propres besoins. En voici quelques exemples que nous pouvons généralement tous ressentir à des degrés différents : sécurité matérielle, affective, reconnaissance, épanouissement, et bien sûr amour (qui n’a pas besoin d’amour ?). Il s’agit en fait d’identifier le besoin parfois masqué derrière une attente. Par exemple : je peux attendre de mon conjoint qu’il soit davantage à la maison, à mes côtés soit parce que j’ai besoin de support matériel (tâches ménagères, s’occuper des enfants), soit parce que j’ai besoin de sa présence, de son affection.
    Il est important de bien identifier quel est le besoin derrière l’attente, notamment en vue de l’exprimer de manière non agressive (ce qui augmentera les chances d’avoir une réponse positive) et d’éviter le « tu n’es jamais là, j’en ai marre et d’abord c’est toujours moi qui fait tout » qui, soyons honnête, donne juste envie de s’enfuir en courant…
  • Apprendre à exprimer ses besoins, sortir de l’agressivité
    Une fois le (ou les) besoin(s) clairement identifié(s) et accepté(s), il est important de les exprimer à son partenaire.  Avoir identifié ses besoins et en reconnaître la « responsabilité » permet de ne pas tomber dans le reproche ou le blâme et rend généralement le partenaire plus ouvert, disponible et réceptif dans la mesure où je ne suis pas en train de le critiquer, mais de me montrer pleinement responsable de moi- même.
    Un des signes les plus tangibles de cette communication est le passage du « tu » au « je » : remplacer les « tu n’es jamais là », « tu ne m’aides pas pour les tâches ménagères », « tu ne m’écoutes pas » , par « j’ai besoin que tu sois davantage présent, pour m’aider à remplir les tâches du quotidien et aussi pour te parler de mes projets ». Soyez aussi concret que possible, cela évitera que votre partenaire ne se sente désemparé ou effrayé devant une demande dont il ne saisit ni l’ampleur ni la nature exacte.
  • L’autre n’est pas là pour répondre à nos besoins
    Je me dis que l’idéal (qui rejoint le bouddhisme) serait bien sûr de ne plus avoir de besoins. Ce serait alors beaucoup plus simple ! Je n’en suis pas encore là, mais j’essaye de ne pas me décourager et de gravir la montagne à petits pas. Je pense qu’une étape sur ce chemin est de se responsabiliser toujours plus. Exprimer clairement ses besoins est certes un progrès par rapport à de vagues attentes non formulées (et donc nécessairement frustrantes), mais j’irai encore un pas plus loin : ne pas attendre de l’autre qu’il remplisse mes besoins. Je me prends en charge, je m’assume. Une fois mes besoins identifiés, j’essaye de voir comment je peux y répondre moi même. 

Quid des relations amicales, parents-enfants, professionnelles, etc. ?
J’ai principalement écrit cet article autour des relations amoureuses puisque c’est dans ce cadre que l’on partage généralement la plus grande proximité, la plus grand intimité et de ce fait que les attentes sont le plus grandes. Toutefois ce schéma attente-dépendance-frustration-agressivité peut se retrouver dans tous types de relations, que ce soit dans ce cadre familial étendu (enfants, parents, grand-parents, etc.), amical ou professionnel.
Il faut bien sûr exprimer ses besoins dans le contexte approprié : exprimer votre besoin d’affection à votre chef risque de ne pas beaucoup vous aider !
Dans le domaine professionnel, les besoins sont d’un autre ordre. Si par exemple vous traitez avec un fournisseur, faites lui clairement savoir (même si tout est important) ce qui pour vous prime : coûts, délai ou qualité par exemple.
Et à la maison, cela fonctionne aussi très bien avec les enfants : au lieu de leur crier dessus, n’hésitez pas à exprimer votre besoin de calme, d’ordre, d’être respecté(e) ! Cela demande un peu de temps pour s’habituer à ce nouveau mode de communication mais fonctionne très bien.

En identifiant et en exprimant vos besoins clairement et calmement (même si votre partenaire décide de ne pas y répondre – cela peut arriver), vous aurez fait un pas faire vers vous, en reconnaissant votre ressenti et en vous respectant. Peu à peu vous deviendrez comme ces marguerites, belles, épanouies, lumineuses !

 

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